Pascal Bernabé


Go to content

Eclairage

Materiel



L’éclairage en plongée Tek


Types d'éclairage (pdf)


03/08/1986, dans une source du Doubs

Une plongeuse sans expérience part accompagnée de 4 copains dans un siphon connu pour sa « facilité » et son eau claire, supposée être un site idéal pour l’initiation.

Lorsqu’ils refont surface, les plongeurs s’aperçoivent de la disparition de la jeune femme.

On ne retrouvera son corps que plus tard collé à une paroi par sa bouée, vers les -20 mètres.

Elle plongeait en mono bouteille et son unique lampe ne fut pas retrouvée !

Analyse de l’accident :

On sait que dès le début, cette malheureuse plongeuse n’avait q’un éclairage, sans doute une lampe à main. Erreur de base du débutant non formée, alors qu’à cette époque on peut déjà suivre de nombreux stages !Les enquêteurs ont « fortement supposé que la perte de la lampe a été à l’origine(ou a eu une part prépondérante) de l’accident, avec l’issu fatale que l’on connaît. C’est un cas d’école :on retrouve l’absence ou le manque d’éclairage comme facteur déclenchant ou aggravant dans plusieurs autres accidents dans des grottes sous-marines des calanques(Marseille/Cassis) ou à L’Estartit(Espagne). Ainsi que dans les Cénotes Mexicain ou des sources faciles de Floride. Autant de sites fréquentés par nombres de plongeurs peu entrainés, souvent issus de la plongée mer. De toute manière, la perte d’éclairage dans une épave profonde obscure ou une plongée de nuit peut avoir aussi des conséquences dramatiques. D’oû la nécessité de suivre des règles de sécurité basiques, le minimum VITAL de survie en cas de problème !

Les règles de base.

Ce type d’accident aurait pu être évité en suivant ces règles.

1. L’éclairage, au même titre que le reste de l’équipement à caractère VITAL doit être IMPERATIVEMENT DOUBLE !(dans le pire des cas, voir même triple ou plus dans d’autres cas !) et configuré/fixé de manière intelligente, réfléchie et pratique.

. 2. On doit s’entrainer régulièrement à cette configuration afin de la maîtriser et d’en connaître les limites et les défauts, aucun système n’étant parfait. Durant une phase de formation ou lorsqu’on vient d’acquérir un nouvel éclairage, il est important de tester plusieurs configurations sur des plongées d’essai dont c’est le seul but. On n’essaye pas plusieurs équipements nouveaux en même temps(une inconnue à la fois).

3. . On ne copie pas aveuglément une manière de faire, si bonne soit-elle. Et on doit toujours être en mesure de justifier ses choix, si répandus soient-ils !

4. L’éclairage ne sera pas encombrant et laissera les mains libres.

5. Son autonomie et sa profondeur maximale d’utilisation seront en rapport avec vos objectifs, avec une bonne marge !(exemple :pour une plongée à -75 mètres qui dure 1 heure, prévoir au moins 2 éclairages testés à -100/150mètres, d’une autonomie de 3 à 4 heures. Ainsi une faiblesse de la lampe(choc), un dépassement du temps et/ou de la profondeur n’affecteront en rien la sécurité en spéléo, épave, plongée ou sortie de nuit. . .

Cet éclairage au moins doublé se constitue généralement de :

A. L’éclairage principal.

Celui-ci sera un phare puissant. On évitera les gros phares à main, d’abord parce qu’ils sont trop encombrants et ne se portent qu’à la main. Leur puissance est, de plus, souvent inutile en plongée Tek. Si on en emmène tout de même un, veiller à l’assurer à la bretelle à l’aide d’une sangle/cordelette et d’un mousqueton, afin d’avoir la possibilité de le lâcher sans le perdre.

On leur préférera des phares avec le bloc accus/batterie séparé de la tête(spot). On peut ainsi fixer ce bloc accus(ou boyon) à la ceinture, sur une bouteille relais, sur le harnais ou le scaphandre, sur un côté(position latérale) ou sous l’ensemble harnais/bouteilles, mousquetonné ou fixé par des sangles ou un système d’accroche rapide sur une bouteille. On portera alors le spot(la lampe) sur la tête, sur un casque(style spéléo) ou sur la cagoule, comme les corailleurs, fixée par des sangles type frontale ou dans une pièce en néoprène collée à la cagouleIl y a aussi le système main-libre oû la tête de phare se trouve sur le dos de la main ou de l’avant-bras , permettant ainsi de se servir de ses doigts(système très répandu chez les plongeurs spéléo US et les plongeurs épaves). Dans tous les cas, certains ensembles ont l’interrupteur sur le spot, d’autres sur le pack batterie. Ce dernier choix permet aussi de prendre plus de puissance, surtout en eau chargée(laiteuse, trouble), car la source est déportée, loin des yeux. Alors que sur le casque, on ne dépassera guère 50 watts halogène ou 10 watts HID, et encore si l’eau est suffisamment limpide. De toutes manières, il est peu utile de dépasser 100 watts en plongée tek. Dans certains cas, l’éclairage, en mer, ne servira qu’à faire apparaître les couleurs d’une belle branche de corail sur un tombant ou de mieux observer les détails d’une épave profonde.

Pour cet éclairage principal, les spots halogènes sont de plus en plus remplacés par des têtes HID, qui consomment moins d’énergie( beaucoup plus d’autonomie pour une même batterie) et procurent une belle lumière blanche, proche de celle du soleil. Un HID de 10 watts est à peu près l’équivalent d’une halogène de 50 watts.

Enfin, une nouvelle tendance est d’utiliser les LED pour ces phares, technologie autrefois plutôt réservée aux lampes de secours. (environ 25 à 40 watts maximum).

L’autonomie doit être adaptée à la durée des plongées envisagées. Il est bon de garder une bonne marge en cas d’usure des batteries et/ou de dérive importante du temps de plongée.

Se rappeler aussi que l’on est parfois dans l’impossibilité de recharger entre deux ou même plusieurs plongées. L’autonomie de 4 à 8 heures proposé par plusieurs fabricant semble convenir à la spécificité de la plongée Tek.

Si l’eau est trouble, éviter les faisceaux de lumière larges, ils peuvent entrainer un halo, proche du phare, qui peut occasionner plus de gêne que de lumière. De toute manière un faisceau large ne sera utile qu’avec une bonne visibilité. Le faisceau étroit type « pinceau »sera plutôt utilisé en eau chargée ou si l’on veut voir loin devant.

Un détail sur l’utilisation des scooters :il peut être intèressant d’utiliser un phare sur un propulseur afin d’éclairer loin devant, la tête de phare sur le dessus ou sur un côté, avec la batterie sur le dessus, à l’ arrière. Veillez à ce que l’ensemble soit neutre ou pas trop négatif dans l’eau, et n’affecte pas trop l’hydrodynamisme !Et garder absolument de l’éclairage sur soi en cas de perte du scooter !

B. L’éclairage de secours.

En cas de mauvais ou non fonctionnement du phare principal, on emportera au moins une lampe de secours en mer, avec une puissance et une autonomie suffisantes pour lire ses instruments et remonter ou ressortir d’une grotte, de type halogène ou mieux LED(toujours pour les même problèmes d’autonomie, 4 à 6 heures pour une halogène, 10 à 30 heures pour une LED !).

En spéléo, on a au minimum 2 lampes de secours, jusqu’à 3 ou 4 sur des plongées plus importantes. En Europe, elles sont traditionellement réparties sur un casque. La tendance nord américaine, DIR(do it right, émanation du WKPP) préconise de l’accrocher à la bretelle du harnais, bien plaquée avec des élastiques ou du tuyau chirurgical. Si on doit la prendre à la main rapidement, car on s’est retrouvé subitement dans le noir(votre beau phare HID vient juste de vous lâcher, si si ça arrive !)on risque de trouver le temps long. On peut aussi accrocher une lampe au »cul »du scaphandre ou sur une bouteille relais emportée, ou laissée en chemin ou aux paliers(spéléo).

N’oubliez pas non plus que certaines lampes ne s’allument plus au délà d’une certaine profondeur, notamment les systèmes rotatifs. Il est donc important de les allumer avant l’immersion. C’est aussi un moyen de vérifier leur bon fonctionnement

Et d’éviter de se retrouver subitement dans le noir. Si cela n’est pas bien facheux sur une plongée à -30 mètres en mer rouge, ce sera beaucoup plus délicat en spéléo ou dans une sombre épave bretonne ou méditerranéenne, couverte de filets à -80 mètres !

On peut enfin utiliser des bâtonnets lumineux à piles ou chimiques(cyalume). Ils peuvent être utilisés à la dernière limite pour suivre un fil ou lire les instruments, ou repérer une ligne de décompression, d’ancre ou les premières bouteilles de sécurité. Un flasheur sera alors peut être préférable. Le modèle GLOO TOOB de Ralf Tech est à cet égard très compact, étanche à 1000mètres, possède une longue autonomie(30 heures) et est extrêmement voyant compte tenu de sa taille minuscule.

Quelques précisions rapides mais utiles sur les divers types d’accus et de lampes.

Les lampes :

1. Halogène : une lumière bien blanche, tant que les accus ont leur pleine puissance, puis plus jaune, lorsque la puissance décline, ce qui est un bon indicateur sur le fait que vous allez bientôt tomber en rade !5ce n’est pas le cas avec les HID). Un prix réduit, en regard du HID ou des LEDS.

En revanche, une durée de vie de l’ampoule moins importante que Led et HID(50 à 200 heures maximum). Et une consommation d’énergie supérieur à ses 2 « concurrentes » !

2. HID : ampoules à décharge de gaz sans filaments internes, issues de l’aéronautique. Consommation énergétique de 25 % de sa puissance(en moyenne), ce qui donne des autonomie très intêressantes avec une même batterie. Durée de vie moyenne :300 à 1000heures. Bonne résistance électrique et mécanique. Lumière ultra blanche d’environ 6000 degré kelvin. 10 watts hid=50 watts halogène.

Quelques précautions d’usage :

  • * les HID émettent de puissants rayons ultra violets. Il ne faut en aucun cas diriger son faisceau lumineux vers l’ œil. On risque de lui provoquer de graves lésions. Il faut être donc particulièrement prudent lors des plongées en binôme ou en groupe à ne pas diriger sa lampe sur un tiers. Facile avec une main libre. Beaucoup moins lorsque les éclairages sont sur casque.
  • * les ampoules HID chauffent beaucoup. Pour éviter des risques d’incendie dû à la surchauffe, veiller à ce que la lampe ne soit jamais allumée à la surface, surtout par inadvertance. L’idéal est de l’allumer au début de l’immersion, et de l’éteindre, lors des paliers, ou de la sortie de la grotte en spéléo. Faire bien attention au type d’interrupteur lors de l’achat, sa qualité, fiabilité, protection éventuelle contre l’auto-allumage !
  • * Eviter aussi de fréquents allumages/arrêts car ce type d’ampoule nécessite un temps de chauffe et un temps de refroidissement. Par exemple 5 minutes entre l’allumage et l’arrêt. Puis une minute entre arrêt et remise en route.


3. LED : sans doute le meilleur rapport qualité/prix/efficacité/autonomie avec une grande solidité électrique et mécanique et une très faible consommation d’énergie. Durée de vie moyenne :50 000 heures. Température d’environ 6 000 degrés kelvin. Généralement utilisés entre 10 et 40 watts.

Les Batteries :

Deux grandes familles :

1. Les batteries au plomb.

Du même genre que les batteries de voiture, remplies d’acide gélifiée, pour pouvoir être mises dans n’importe quelle position. Elles sont plus lourdes(ce qui peut remplacer le lest !), mais aussi plus volumineuses, ce qui plus génant et souvent limitées en profondeur. En revanche, ce sont les moins chères et les plus faciles à trouver ;elles se chargent facilement, sans effet mémoire. Elles doivent être chargées régulièrement.

2. Les batteries au Nickel :

Les plus répandus sont les Nickel Cadmium. Dans ce type de technologie, ils apparurent en premiers sur le marché. L’electrolyte est composé d’éléments de 1, 2 volts.

Par exemple, pour une batterie 12 volts, 10 éléments sont nécessaires

Exemple :pour une batterie 12 volts, il faut ainsi 10 composants, alors que dans une batterie au plomb, il en faudrait 6. Mais ces 10 composants sont plus petits. On peut donc optimiser leur agencement ; l’ensemble est généralement plus léger et prend moins de place.

Un inconvénient :si on charge le phare, sans l’avoir totalement déchargé, il ne prendra par la suite qu’une fraction de de sa capacité maximum, réduisant considérablement l’autonomie. Il est donc préférable de décharger complètement le phare avant sa recharge. C’est l’effet mémoire.

Tout a un prix, et celui de ce type d’accus est sensiblement plus élevé que pour les accus au plomb. Enfin le cadmium est un composant très polluant. Pour éviter ce désagrément, de nouvelles batteries sont sorties sur le marché, les accumulateurs au nickel-hydrure-métallique(Ni-MH). Ils sont donc plus « propres », sans effet mémoire, et, à taille égale, d’une capacité supérieure de 30 à 40%... Et plus chers, évidemment !

News | Tek Courses | Publication | Explorations | Materiel | Video | Partners Links | Contact | Site Map


Copyright © 2007. Pascal Bernabé. All rights reserved. All photos from François Brun, unless otherwise indicated. | pascal.bernabe@libertysurf.fr

Back to content | Back to main menu