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Record du monde de profondeur en scaphandre autonome à -330 !

La technique de décompression.

Plusieurs points fondamentaux :

Des premiers paliers très profonds de 1 à 2 minutes ont été observés dès -265 mètres. Et à partir de cette profondeur, les vitesses de remontée ont été de plus en plus ralenties pour éviter des accidents graves de type 2, vestibulaire/neurologique dont les symptômes peuvent se déclencher profond dans ce type de plongée, comme celui qui avait touché John Bennett suite à sa plongée à -308 mètres : vertiges et vomissements dès -66 mètres et pendant toute la décompression (9h37). Il faut dire que des vitesses de remontée de 30m/min étaient fréquentes !

Cette vitesse lente et ces paliers profonds ont nécessité une grande quantité de gaz. Donc des bouteilles de 20 litres à -265 mètres, -215 mètres, -165 mètres(8/62), -145m, -115 mètres (13/57), -95 mètres, -80 mètres (18/50) , puis sur une seconde ligne d’une soixantaine de mètres à -60 (20/50), -51 (25/50), -39 (25 /50), -30 (38 / 33), -21 (50%O2), -15 (60% O2) et 2 narghilés O2 à -6 mètres.

On notera la grande quantité d’hélium dans les mélanges de décompression, plus facile à éliminer durant les derniers paliers . On a évité de dépasser les 30% d’azote au cours de la remontée jusqu’à -21 mètres.

Tous ces éléments m’ont permis d’avoir une déco relativement courte, en comparaison des 12h de mes tables les plus longues, qui est aussi le temps de décompression de Nuno Gomes, qui avait plongé à -318m 3 semaines plus tôt à Dahab, Mer Rouge.

J’ai donc opté pour cette table en raison de l’état de la mer, des douleurs et du mal de mer. J’ai pensé que rester plus longtemps m’exposait trop au risque d’épuisement.

D’autant que la déco en 3h après -300m (en caisson) de Keller dans les années 60, avait de quoi me rassurer ! En 2004, Mark Elyatt était sorti en 6h36 d’une plongée à -313m.

J’avais donc de la marge.

 

Pour limiter la narcose plus profond que -40/-50 mètres, on met bien sûr de l’hélium dans le mélange dont la proportion augmente avec la profondeur. Mais cet hélium favorise par ailleurs le refroidissement et surtout le syndrome nerveux des hautes pressions (SNHP).

Ce syndrome, pour simplifier, est aggravé par l’hélium au delà de -150/-180 mètres

Et par les vitesses de descente rapides, propres à ces plongées.

Pour l’hélium, de nombreuses expériences en caisson et quelques plongées tek ultra profondes ont montré que la présence d’un gaz narcotique, généralement de l’azote , masquait les effets du SNHP :tremblements des extrémités puis de tout le corps, troubles visuels puis difficultés à se concentrer et diminution des performances.

Il y a quelques années, j’avais envisagé d’ajouter de l’hydrogène mais sa manipulation délicate et les incertitudes quant à la décompression et les effets d’une compression rapide m’y ont fait renoncer.

Mais bien sûr plus on met d’azote, plus on risque d’être « trop » narcosé. Voir même de cumuler les effets de la narcose et du SNHP !

Tout est donc dans le dosage. Trop d’hélium, trop de SNHP, trop d’azote, trop de narcose.

Dans la pratique, sur des descentes plutôt rapides (10 à 30 mètres par minute), en caisson, des doses de 13 à 18% d’azote ont semblé diminuer sensiblement les effets du SNHP, sans trop narcoser. Sur les plongées tek ultra profondes, l’équivalence à l’air des plongeurs au fond se situait entre -70 et -100 mètres.

Pour ma part, une équivalence à l’air d’environ -60 mètres maximum m’a semblé raisonnable, associé à une pression partielle d’oxygène de 1, 4 à 1, 5bars.

Cela n’a pas empêché un SNHP important de me toucher à partir de -260 mètres.

Mais ce mélange a sans doute diminué son impact et j’ai en tout cas évité une narcose dangereuse.

Quant à la vitesse de descente, d’après les expériences en caisson, descendre à un mètre/minute ou encore moins vite a notablement augmenté les performances.

Mais il semble inutile de réduire la vitesse de 30/40 m/min à 10 m/min. Au contraire, il est possible que le SNHP ait encore plus le temps de s’installer.

En revanche cela augmente considérablement les paliers, déjà très longs.